Patoch' Corner

Ici nous aimons notre belle langue, celle qui fait vibrer les coeurs, mais aussi ces musiques que nous aimons et qui font chanter nos âmes
 
AccueilAccueil  PortailPortail  GalerieGalerie  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  ConnexionConnexion  
Sondage
Derniers sujets
» Déménagement
Sam 9 Aoû - 7:41 par Admin

» la Jupe en Laine
Sam 9 Aoû - 5:58 par Admin

» Vacances!!!
Mer 16 Juil - 14:22 par Admin

» My Space
Mer 16 Juil - 11:18 par Admin

» A Bakar
Mer 9 Juil - 21:15 par Admin

» Bakar
Dim 6 Juil - 10:49 par Admin

» Sampa
Dim 6 Juil - 8:58 par Admin

» Je me souviens
Dim 6 Juil - 8:53 par Admin

» Montmartre (Georges Chelon)
Dim 6 Juil - 8:45 par Admin

Partenaires
forum gratuit
Tchat Blablaland
Navigation
 Portail
 Index
 Membres
 Profil
 FAQ
 Rechercher
Rechercher
 
 

Résultats par :
 
Rechercher Recherche avancée

Partagez | 
 

 à la mémoire de Louise

Aller en bas 
AuteurMessage
zephira

avatar

Nombre de messages : 25
Date d'inscription : 24/03/2006

MessageSujet: à la mémoire de Louise   Sam 1 Avr - 19:56

Viro Major



Ayant vu le massacre immense, le combat
Le peuple sur sa croix, Paris sur son grabat,
La pitié formidable était dans tes paroles.
Tu faisais ce que font les grandes âmes folles
Et, lasse de lutter, de rêver de souffrir,
Tu disais : " j'ai tué ! " car tu voulais mourir.



Tu mentais contre toi, terrible et surhumaine.
Judith la sombre juive, Aria la romaine
Eussent battu des mains pendant que tu parlais.
Tu disais aux greniers : " J'ai brûlé les palais !"
Tu glorifiait ceux qu'on écrase et qu'on foule.
Tu criais : " J'ai tué ! Qu'on me tue ! - Et la foule
Ecoutait cette femme altière s'accuser.
Tu semblais envoyer au sépulcre un baiser ;
Ton oeil fixe pesait sur les juges livides ;
Et tu songeais pareille aux graves Euménides.



La pâle mort était debout derrière toi.
Toute la vaste salle était pleine d'effroi.
Car le peuple saignant hait la guerre civile.
Dehors on entendait la rumeur de la ville.
Cette femme écoutait la vie aux bruits confus
D'en haut, dans l'attitude austère du refus.
Elle n'avait pas l'air de comprendre autre chose
Qu'un pilori dressé pour une apothéose ;
Et, trouvant l'affront noble et le supplice beau
Sinistre, elle hatait le pas vers le tombeau
Les juges murmuraient : " Qu'elle meure ! C'est juste
Elle est infâme - A moins qu'elle ne soit Auguste "
Disait leur conscience. Et les jugent, pensifs
Devant oui, devant non, comme entre deux récifs
Hésitaient, regardant la sévère coupable.


Et ceux qui, comme moi, te savent incapable
De tout ce qui n'est pas héroisme et vertu,
Qui savent que si l'on te disait : " D'ou viens tu ? "
Tu répondrais : " Je viens de la nuit ou l'on souffre ;
Oui, je sors du devoir dont vous faites un gouffre !
Ceux qui savent tes vers mystérieux et doux,
Tes jours, tes nuits, tes soins, tes pleurs donnés à tous,
Ton oubli de toi-même à secourir les autres,
Ta parole semblable aux flammes des apôtres ;
Ceux qui savent le toit sans feu, sans air, sans pain
Le lit de sangle avec la table de sapin
Ta bonté, ta fierté de femme populaire.
L'âpre attendrissement qui dors sous ta colère



Ton long regard de haine à tous les inhumains
Et les pieds des enfants réchauffés dans tes mains ;
Ceux-la, femme, devant ta majesté farouche
Méditaient, et malgré l'amer pli de ta bouche
Malgré le maudisseur qui, s'acharnant sur toi
Te jetai tout les cris indignés de la loi
Malgré ta voix fatale et haute qui t'accuse
Voyaient resplendir l'ange à travers la méduse.



Tu fus haute, et semblas étrange en ces débats ;
Car, chétifs comme tous les vivants d'ici-bas,
Rien ne les trouble plus que deux âmes mêlées
Que le divin chaos des choses étoilées
Aperçu tout au fond d'un grand coeur inclément
Et qu'un rayonnement vu dans un flamboiement.

Victor Hugo
Décembre 1871
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
zephira

avatar

Nombre de messages : 25
Date d'inscription : 24/03/2006

MessageSujet: Chant des captifs   Sam 1 Avr - 20:00

SOUVENIRS DE CALÉDONIE
CHANT DES CAPTIFS




Ici l'hiver n'a pas de prise,
Ici les bois sont toujours verts ;
De l'Océan, la fraîche brise
Souffle sur les mornes déserts,
Et si profond est le silence
Que l'insecte qui se balance
Trouble seul le calme des airs.

Le soir, sur ces lointaines plages,
S'élève parfois un doux chant :
Ce sont de pauvres coquillages
Qui le murmurent en s'ouvrant.
Dans la forêt, les lauriers-roses,
Les fleurs nouvellement écloses
Frissonnent d'amour sous le vent.



Voyez, des vagues aux étoiles,
Poindre ces errantes blancheurs !
Des flottes sont à pleines voiles
Dans les immenses profondeurs.
Dans la nuit qu'éclairent les mondes,
Voyez sortir du sein des ondes
Ces phosphorescentes lueurs !

Viens en sauveur, léger navire,
Hisser le captif à ton bord !
Ici, dans les fers il expire :
Le bagne est pire que la mort.
En nos coeurs survit l'espérance,
Et si nous revoyons la France,
Ce sera pour combattre encor !

Voici la lutte universelle :
Dans l'air plane la Liberté !
A la bataille nous appelle
La clameur du déshérité !...
... L'aurore a chassé l'ombre épaisse,
Et le Monde nouveau se dresse
A l'horizon ensanglanté !

Louise Michel
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
à la mémoire de Louise
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» MUSIQUE ET MEMOIRE de Louise Mercier
» [Tremblay d'Essiambre, Louise] Mémoires d'un quartier - Tome 1: Laura & Antoine
» Figurines mémoire 44
» [AIDE] Problème de mémoire interne faible
» Colonne d'Helfaut érigée à la mémoire du Duc d'Orléans

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Patoch' Corner :: Poésie-
Sauter vers: